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Source : Le Phare Comme un signe de
mauvais augure, le taux de change est en pleine ébullition. Le Franc congolais
plonge et le dollar devient fou. Ce sont là des signes évidents d'un
déséquilibre monétaire qui surprend tous les analystes, après une longue
période de stabilité de la monnaie nationale par rapport au dollar, la devise
américaine de référence.
Une stabilité
saluée avec sourire aux lèvres en décembre dernier, par le gouverneur de la
Banque centrale du Congo et qu'il a voulue partager avec le personnel de
l'Institut d'émission lors des échanges de voeux entre la haute direction et
les agents. Une stabilité dont les prévisions les plus pessimistes
n'entrevoyaient une probable perturbation que vers la fin du premier trimestre
2008 avec l'injection de grosses coupures.
Mais voilà qu'en
moins d'une semaine, dans l'attente de ces coupures à valeur faciale élevée qui
font déjà peur, un dollar américain passe de 5,15 FC à 5,40 FC, hier jeudi. Que
nous réserve alors ce week-end et les prochaines semaines ?
La question est
sur toutes les lèvres. Les opérateurs économiques qui savent exécuter quelques
acrobaties dans cette conjoncture, par le réajustement des prix de leurs
produits et services par rapport au taux de change, ne s'inquiètent qu'à l'idée
de ne plus vendre suffisamment assez pour rentrer dans les frais.
Les analystes qui
voient se profiler un effet d'entrainement sur tous les biens de consommation courante et les divers services, tels que le transport, pour ne se limiter qu'à
ce dernier, éprouvent déjà des inquiétudes certaines.
Les consommateurs
dont le pouvoir d'achat s'est dangereusement effiloché, s'arrachent les cheveux
en envisageant un scénario catastrophe, après avoir épuisé toutes les formules
de délestages de restauration à domicile, sans résoudre ce problème
fondamental. Que leur reste t-il encore à faire ?
Pleurer n'étant
pas la solution, prier entrainerait quelques offrandes au pasteur, seule la
contestation est l'ultime recours.
On peut néanmoins
se consoler à l'idée que l'Institut d'émission qui a suivi pas à pas
l'évolution du déséquilibre consécutif à l'apparition d'un excès de la demande
des devises, n'a pas manqué de relever la dépréciation par paliers du taux de
change, ni la hausse du niveau général des prix qui procède, selon ses experts,
à l'excès des moyens de paiement en circulation. Remèdes envisagés, la Banque
centrale du Congo va certainement éponger, s'il ne le fait déjà, les
surliquidités sur le marché monétaire, le relèvement du coefficient de réserve
obligatoire de 4 à 5 % , le réajustement de la grille des taux d'intérêt tant
débiteur que créditeur. Ainsi dans le cadre de dernières mesures prises, les
taux d'intérêt sur les prêts à court terme passent de 22,5 % l'an à 24 % l'an,
tandis que les taux d'intérêt sur les facilités permanentes passe de 25 % l'an
à 27,5 % l'an. Enfin, les taux d'intérêt créditeur sont révisés. Les billets de
trésorerie à 7 jours : 17 % l'an contre 15,5 %. Les BTR à 14 jours : 19 % l'an
contre 17,5 %. Les BTR à 28 jours : 21 % l'an contre 19,5 %.
Au niveau de
l'Institut d'émission, la confiance pour la maîtrise de la situation persiste,
les experts restent vigilants et le gouverneur Jean-Claude Masangu très
attentif.
Devant ce
déséquilibre du taux de change, la BCC ne formule qu'une seule recommandation,
pas de panique, mais un peu de patience pour voir les mesures prises le 7
janvier dernier, produire leurs effets dans les jours et semaines à venir.
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